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Star Trek V : l'ultime frontière

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Star Trek V : l'ultime frontière

(Star Trek V: The Final Frontier)
2.0 étoiles

Un film réalisé par William Shatner
1989 - 107 minutes - Noir & Blanc - Stéréo - 2.20
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Le zoom

L'Enterprise en orbite autour de la planète de 'Dieu' - Star Trek V : l'ultime frontière (Star Trek V: The Final Frontier)

L'Enterprise en orbite autour de la planète de 'Dieu'

Affiche américaine du film Star Trek V : l'ultime frontière (Star Trek V: The Final Frontier)

L'histoire

Nous sommes en 2287. Les vacances montagnardes de Kirk, Spock et McCoy dans le parc national de Yosemite sont soudain interrompues par un rappel d'urgence émanant de Starfleet. Kirk et ses amis apprennent que le général Klingon Korrd, le Romulan Caithlin Dar et le conseiller de la Fédération St. John Talbot sont détenus en otages sur la planète Nimbus III, la planète de la paix galactique. La toute nouvelle U.S.S. Enterprise 1701-A se propulse pour résoudre la situation.

Pendant ce temps, sur un Oiseau de Proie Klingon, le capitaine Klaa qui apprend la mission de l'U.S.S. Enterprise veut saisir cette opportunité d'avancement dans les rangs Klingons. Il décide d'intercepter le navire de la Fédération et ordonne de se diriger aussi vers Nimbus III.

Le Capitaine Klaa veut la peau de Kirk - Star Trek V : l'ultime frontière (Star Trek V: The Final Frontier)

Le Capitaine Klaa veut la peau de Kirk

L'Enterprise est le premier à arriver près de Nimbus III et Kirk envoie une navette se poser sur la seule ville de la planète. Il découvre bientôt que celle-ci est dirigée par une bande de colons débraillés menés par un télépathe Vulcain : Sybok. L'équipe comprend alors que la prise d'otage est une ruse fomentée dans l'intention de s'emparer d'un vaisseau de la Fédération. Sybok, qui s'apprête à accomplir sa destinée, rencontrer Dieu sur la planète Sha Ka Ree, a en effet besoin d'un navire pour s'y transporter. Il force la navette à emmener les occupants de l'Enterprise pour en prendre le contrôle. On découvre que Spock est le demi-frère de Sybok, exilé de Vulcain pour avoir choisi la voie de l'émotion plutôt que celle de la logique. Kirk et le reste de l'équipage sont jetés dans une cellule du navire.

Avec l'aide de Scotty, Kirk, Spock et McCoy s'évadent et envoient un message urgent à Starfleet qui est intercepté par le Klingon Klaa. L'Enterprise met le cap vers le centre de la Galaxie, une planète mystique entourée d'un écran d'énergie, la "Grande Barrière". Sybock et l'équipage - qui s'est laissé convaincre du caractère extraordinaire de la mission -, réussissent à infiltrer la barrière et découvrent une petite planète bleue. Sur sa surface, Sybock est soudainement appelé à Dieu. Dans un éclair aveuglant, une entité apparaît et le questionne à propos de l'Enterprise. Lorsque Kirk demande pourquoi un dieu voudrait poser des questions aussi ordinaires, il est terrassé par des éclairs d'électricité. Tandis que le vaisseau de guerre Klingon apparaît, le Vulcain commence à douter du bienfondé de sa quête…

Face à face entre l'USS Enterprise et un Oiseau de Proie Klingon - Star Trek V : l'ultime frontière (Star Trek V: The Final Frontier)

Face à face entre l'USS Enterprise et un Oiseau de Proie Klingon

Le petit mot du Doc

Le 18 décembre 1986, avec les excellents résultats de fréquentation en salles de STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE et alors que le film est encore projeté sur les écrans, Paramount dévoile le nom du prochain réalisateur de la franchise cinématographique : William Shatner. Pour Shatner, passer derrière Leonard Nimoy qui a fait des deux précédents titres de belles réussites commerciales, relève d'un pari qu'il ne faut pas perdre. S'il a quelques expériences au théâtre et pour la télévision (il a en particulier dirigé 10 épisodes de sa série HOOKER entre 1983 et 1986), c'est le premier long métrage qu'il va mettre ne scène.

Aux commandes de la toute nouvelle Enterprise NCC-1701-A reçue à la fin de l'épisode précédent, quelles vont bien pouvoir être les nouvelles aventures de l'équipage culte dans ce nouveau chapitre ? Leonard Nimoy avait choisi la voie de l'écologie, William Shatner choisira celle de la religion et de la spiritualité. Fasciné par les pouvoirs qu'ont certains évangélistes à hypnotiser les foules, il écrit un premier scénario intitulé "An Act of Love" dans lequel un Vulcain dénommé Zar va troubler les croyances de l'équipage du mythique vaisseau.

Gene Roddenberry met Shatner en garde et lui explique que religion et Star Trek n'ont jamais fait bon ménage ; cela risque perturber les fans. Il sait de quoi il parle : le créateur de la franchise avait écrit "The God Thing" comme sujet d'un éventuel premier film et cela n'avait pas marché. Mais Shatner ne démords pas et confie le scénario à David Loughery qui vient d'écrire avec succès l'histoire de DREAMSCAPE deux ans plus tôt. Il invite le producteur Harve Bennett à se joindre à lui dans ce nouveau projet. Le producteur qui n'est pas intéressé par cette histoire émet quelques réticences, préférant délaisser Star Trek pour des projets plus personnels. Il accepte finalement à condition que cette quête de Dieu soit retravaillée1. Tout comme le studio d'ailleurs qui, craignant que celui-ci soit trop sérieux et moins drôle, souhaite une dose d'humour omniprésente… cela avait tellement bien marché avec RETOUR SUR TERRE !

Trio légendaire - Star Trek V : l'ultime frontière (Star Trek V: The Final Frontier)

Trio légendaire

Tandis que STAR TREK IV : RETOUR SUR TERRE s'intéressait à chacun des membres de l'équipage, STAR TREK V : L'ULTIME FRONTIÈRE se recentre sur le trio Kirk, Spock, McCoy. Ces trois là ne se quitteront pas d'une scène formant quasiment une famille comme le stipule une réplique au début du film. Le seul moyen de les séparer est de présenter Zar, rebaptisé Sybock, comme le demi-frère de Spock. L'idée vient de Bennett. Elle ne plaira ni au studio, ni aux fans, si bien que l'information ne sera à l'avenir plus jamais mentionnée. Le premier choix de Shatner pour incarner Sybock se porte sur Sean Connery. Malheureusement l'acteur n'est pas disponible car il tourne INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE (1989). Un mal pour un bien car d'un autre côté, n'aurions nous pas vu dans le rôle du vulcain un agent secret de sa majesté ? C'est finalement Laurence Luckinbill qui arborera les oreilles pointues. Choix judicieux : peu connu, l'acteur et homme de théâtre fait preuve d'un professionnalisme parfait.

Le film pêche par la faiblesse de son scénario. Outre le risque d'engager Star Trek du côté de la spiritualité, le film tente de retrouver la dimension philosophique du premier film sans y parvenir. Cette quête de Dieu qui se prépare tout au long de l'histoire retombe comme un soufflet lorsqu'arrive le final. A la décharge de William Shatner, Paramount n'octroie pas le budget nécessaire à l'ambition du réalisateur et bien des problèmes viennent bouleverser ses projets. Cela commence avec une grève des scénaristes et se poursuit avec la défection d'ILM (Industrial Light & Magic). Pris sur d'autres contrats, le studio d'effets spéciaux de George Lucas qui avait jusque là travaillé sur les films de Star Trek, doit laisser sa place à quatre sociétés différentes telle Associates & Farren. Question space opera et filmage de maquettes, le studio est loin d'avoir l'expérience d'ILM. Résultat, les retards s'accumulent tandis que Paramount avance la sortie du film au mois de juin tant que RETOUR SUR TERRE est encore frais dans les esprits. Mais aussi, et surtout, la fin endiablée imaginée par Shatner ne verra tout simplement pas le jour faute de budget. A l'origine, Kirk devait lutter contre dix hommes de pierre émergeants du paysage en fusion de la planète Sha Ka Ree2. A raison de 350 000 dollars par homme de pierre, le budget total explose. Après avoir négocié quatre de ces costumes, le réalisateur n'en obtient finalement qu'un. Les essais sont si peu probants que la séquence est tout simplement abandonnée.

Kirk, Sybok, Spock et McCoy sur la planète de "Dieu" - Star Trek V : l'ultime frontière (Star Trek V: The Final Frontier)

Kirk, Sybok, Spock et McCoy sur la planète de "Dieu"

Dans sa volonté de briser les idées reçues, on notera quelques curieuses incartades du réalisateur : un vulcain qui choisit la voie de l'émotion plutôt que celle de la logique est un choix osé ! Et voir le vulcain Sybock rire à gorge déployée laisse perplexe. Quid de la relation entre Uhura et Scotty ? Une tendre amitié qui laisse présager autre chose sans toutefois s'attarder sur ce fait ni l'expliquer ? On notera aussi une belle faute de goût : un quasi remake de la cantina de LA GUERRE DES ÉTOILES (1977). La version George Lucas est à mille lieues au dessus, cette femme chat, débile, en témoigne. A moins que ce ne fût un clin d'œil ? Et puis que penser de la danse d'Uhura comme argument de diversion ? L'idée, à l'origine une plaisanterie de David Loughery, a été prise au sérieux par la production qui a tenu à insérer la scène. Même si Nichelle Nichols, plus toute jeune, avoue avoir aimé cela, le mythe de Star trek en prend un coup ! D'autant que la prestation vocale de l'actrice - qui avait déjà sorti des disques – a été doublée à son insu en post-production. Enfin, voir (et entendre) nos acteurs entonner "Au clair de la lune" est tout simplement ridicule. Mentionnons toutefois qu'il s'agit là d'un choix dicté par la version française. En effet, dans la version originale la chansonnette s'intitule "Row Row Row Your Boat" et aurait tout aussi bien convenu. On regrettera aussi un humour un peu forcé qui, faisant partie du cahier des charges, ne fonctionne pas très bien.

STAR TREK V : L'ULTIME FRONTIÈRE n'en demeure pas un mauvais film pour autant. S'il a des défauts, il possède aussi de belles qualités. A commencer par l'image. Epaulé par le chef opérateur Andrew Laszlo qui vient de terminer la photographie de L'AVENTURE INTÉRIEURE (1987), William Shatner n'oublie pas qu'il fait du cinéma et utilise efficacement sa caméra. Le magnifique plan d'introduction dans le désert en témoigne. La bande originale de Jerry Goldsmith est elle aussi un point fort du film. Reprenant le thème3 de STAR TREK : LE FILM, il insuffle une belle dynamique.

Occupé par la sortie d'INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE, Paramount délaisse la promotion du film. Malgré un démarrage encourageant, film et réalisateur reçoivent les foudres de la presse. Gene Roddenberry avait prévenu ! L'ULTIME FRONTIÈRE ne reste à l'affiche que dix semaines, la plus courte durée pour un Star Trek. Il ne rapporte que 50 millions de dollars contre les 200 initialement attendus. Du coup, certains pays, dont la France, ne programment pas sa sortie en salle. STAR TREK V : L'ULTIME FRONTIÈRE sortira ici uniquement en vidéo.

Sybok le Vulcain - Star Trek V : l'ultime frontière (Star Trek V: The Final Frontier)

Sybok le Vulcain

L'ULTIME FRONTIÈRE est le seul film de Star Trek qui aborde le sujet du sens de la vie. C'est aussi celui qui se rapproche le plus de la série d'origine. Bien qu'il soit considéré comme le moins bon des Star Trek tournés jusque là, William Shatner démontre par la maîtrise de son budget et par la préparation des scènes, qu'il est un réalisateur à part entière. Il a simplement découvert la complexité du métier et les affres d'Hollywood.

Lorsque sort STAR TREK V : L'ULTIME FRONTIÈRE en juin 1989, une nouvelle série Star Trek est entré dans sa deuxième saison et fonctionne à merveilles. Il n'est pas certain que l'équipage d'origine ne cède pas sa place aux plus jeunes très rapidement !

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1 Harve Bennett, disparu le 25 février 2015, soit deux jours plus tôt que Leonard Nimoy fait ici un sympathique caméo. Il est le commandant de Starfleet qui s'adresse à Kirk depuis la Terre. En arrière plan de cette prise de vue les plus curieux reconnaîtront la cité de L'ÂGE DE CRISTAL… une histoire qui se situe également au 23ème siècle.

2 Le nom de la planète Sha Ka Ree est un clin d'œil faisant allusion à Sean Connery.

3 Au moment où sort le film, le thème a déjà été réemployé comme générique de la série STAR TREK : LA NOUVELLE GÉNÉRATION, si bien que les fans de cette nouvelle série penseront que celui-ci lui a été emprunté. Mais il n'en est rien.