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Le tunnel sous le monde

(Il tunnel sotto il mondo)

 Les critiques

Nombre de critiques : 1

Total des points : 4

Moyenne obtenue : 4.00/10

n°1 - 4/10 Sans nom

12 décembre 2007

Ce moyen-métrage d’un peu moins d’une heure est le premier film de Luigi Cozzi, qui a 22 ans. Tiré de la nouvelle "The Tunnel Under the World" du grand écrivain d’anticipation Frederik Pohl (elle a été traduite en français dans plusieurs anthologies et sous différents titres, "Le tunnel sous le monde", "Le tunnel sous l’univers" ou "La tête contre les murs"). Il s’agit d’un film en boucle où, comme dans le merveilleux "Un jour sans fin", un homme se réveille chaque matin pour revivre la même journée. Cette journée est le 32 juillet et commence par un attentat à la carabine du haut d’une église.

Le film est très marqué par son air du temps cinématographique : générique arty, solarisé, sans musique mais avec une voix-off monocorde qui cite un texte ésotérique, personnages s’adressant à la caméra et inserts sur des panneaux pubicitaires, entre "Enquête sur la sexualité" de Pasolini et "2 ou 3 choses que je sais d’elle" de Godard. La plupart des textes en off sont tirés de classiques de Ballard, Pohl, Bradburry... Mais après un début prometteur, ça vire un peu vers le n’importe quoi avec montage rapide, "plans russes", envolées lyriques... plus gratuites que nécessaires. Archétype du film de jeune fauché, tourné en quatre jours, caméra à l’épaule avec des comédiens se barrant en cours de route et qu’il fallait remplacer au pied levé (le réalisateur lui-même dut passer devant la caméra). La Nouvelle Vague est née dans les mêmes conditions mais l’improvisation n’est rien sans génie et les fées du talent ne se sont pas penchées sur le berceau de Luigi Cozzi. En tournant "Le tunnel sous le monde", il a peut-être voulu réaliser son "Alphaville" mais nous en sommes bien loin...

A voir, néanmoins pour l’aspect bricolo 60’s et une musique italo-funky de bon aloi, très inspirée du "Requiem pour un con" de Gainsbourg.

La nouvelle de Pohl publiée en 1955 était, je crois, une critique de la publicité. Le film de Cozzi part trop dans tous les sens pour que cela ressorte réellement. Si vous voulez voir une oeuvre d’anticipation qui traite bien mieux le sujet, je vous conseille "Das Millionenspiel", la première adaptation de la nouvelle "The prize of peril" de Robert Scheckley (publiée en 1958) tournée pour la télévision ouest-allemande en 1970 et très supérieure aux versions d'Yves Boisset et de Paul Michael Glaser.

J’ai vu " Le tunnel sous le monde " dans des conditions difficiles, la copie offerte en bonus dans le DVD "Contamination" récemment édité est un transfert vidéo de piètre qualité. Par contre le long entretien avec Luigi Cozzi fourni en bonus est passionnant car il raconte son parcours de fou de littérature et de cinéma fantastique et de SF qui l’a amené à aborder à peu près tous les domaines. Il a traduit les grands auteurs américains, collaboré à des revues spécialisées, a commencé lui-même à bricoler avec les moyens du bord en développant son goût pour les effets spéciaux, été assistant technique puis a réalisé quelques films qui ont bien marché. Ami de longue date de Dario Argento, il a collaboré à de nombreuses oeuvres du maître du giallo et tous deux ont créé la boutique et maison d’édition "Profondo Rosso".

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